Achille Laugé - 16 octobre 2009 au 15 janvier
2010
L'exposition : Achille Laugé : le point, la ligne, la
lumière
L'exposition
sera la première d'une telle ampleur consacrée à Achille Laugé. Le
travail de recherche de Nicole Tamburini, commissaire scientifique,
a permis de sélectionner un ensemble d'une qualité exceptionnelle
provenant de grands musées publics et de collections privées de la
France et de l'Europe: des paysages, des portraits, des natures
mortes. L'organisation et la présentation de l'exposition sont
assurées par Marie-Noëlle Maynard, conservatrice en chef du musée
des Beaux-arts de Carcassonne, Françoise Sarret, conservatrice en
chef du musée Petiet de Limoux et Anne Labourdette, conservatrice
du musée de la Chartreuse de Douai.
Aux quelques quatre-vingts tableaux s'ajouteront une dizaine
d'œuvres graphiques, des maquettes conçues par l'artiste pour
le Mobilier National ainsi que les tapisseries, tapis, meubles
réalisés par les manufactures des Gobelins et de Beauvais. Il
s'agit là d'un aspect inédit de l'art de Laugé.

Les prêts
seront issus de grands musées français ou étrangers: musée d'Orsay
et musée Bourdelle à Paris; musées de Grenoble, Montpellier,
Narbonne, Toulouse; musée du Petit Palais à Genève. Les autres
œuvres, souvent inédites, viendront de collections privées
européennes (Belgique, France, Grande-Bretagne, Pays-Bas, Portugal,
Suisse, Tchéquie) et américaines. Les musées de Limoux et de
Carcassonne présenteront à cette occasion leurs récentes
acquisitions qui enrichissent des fonds déjà largement
représentatifs de l'œuvre du peintre. L'exposition se
poursuivra au printemps 2010 au musée de la Chartreuse de Douai,
qui est riche d'un beau fond de peintures
néo-impressionnistes. L'exposition se concentre sur la
saveur particulière du travail de l'artiste avant la guerre de
1914. Période où il fait montre d'une géométrisation des formes
poussée et très personnelle et applique un divisionnisme
serré, aux touches de formes variées qui lui servent à faire vibrer
des couleurs pures disposées selon la loi du contraste
simultané. Parmi les artistes qui ont pratiqué brièvement
parfois - le divisionnisme, rares sont ceux qui ont montré autant
de détermination et de persévérance; simplicité et rigueur
exigeante sont probablement les mots qui caractérisent le mieux le
travail de Laugé, ainsi que son œuvre faite « de logique
sereine, de sensibilité émue et d'une raison maîtrisée» selon la
formule de son ami Bourdelle.
Le catalogue
Le catalogue de
l'exposition sera édité à 1000 exemplaires. Écrit par Nicole
Tamburini, expert de l'œuvre de Laugé, il comprendra les
reproductions en couleurs de toutes les œuvres exposées et
sera édité par Silvana Editoriale (Milan).
Achille Laugé 1861 - 1944
Rien ne
prédisposait Achille Laugé (1861-1944) à devenir peintre. Né dans
une famille de cultivateurs audois, il commence son apprentissage à
Toulouse avant de s'inscrire en 1881 à l'École des Beaux-arts à
Paris. Dans les classes de Gérôme et de Cabanel, un trio d'amis
inséparables se forme, trois « pays»: Achille Laugé, Émile-Antoine
Bourdelle, Aristide Maillol. Peu satisfait de l'apprentissage
académique, Laugé découvre au Salon des Indépendants les toiles de
Seurat. La révolution picturale engagée par les
Néo-impressionnistes fait l'objet de discussions passionnées dans
l'atelier qu'il partage avec Maillol.

En 1888, Laugé
retourne dans sa région natale et s'installe dans le petit village
de Cailhau, près de Carcassonne et de Limoux. C'est là que, seul
face à la lumière méridionale, il applique la technique de la
division des couleurs. Loin des cercles artistiques de la capitale
et de la notoriété qu'ils auraient pu lui procurer, il peint sans
relâche des œuvres éclatantes, à la lumière subtilement
divisée, aux tons purs et à la géométrie rigoureuse. La richesse de
son œuvre vient de cette recréation personnelle et empirique
de la méthode de Seurat; loin d'être un suiveur appliquant une
esthétique définie par d'autres, il produit une œuvre
profondément personnelle et sensible, tant par les accords de
teintes que par l'attention portée aux variations de la lumière.
Travaillant toujours sur les mêmes sites, il synthétise les formes,
refuse le pittoresque ou l'anecdote.
Laugé n'a pas
été reconnu par ses contemporains, à l'exception d'un petit cénacle
d'amateurs éclairés autour de la Revue Méridionale. Sa notoriété
n'a cessé de grandir après sa mort et le marché de l'art le
reconnaît aujourd'hui comme un maître de ce Néo-impressionnisme au
sein duquel on distingue maintenant les vrais créateurs des
suiveurs tardifs.